Aujourdhui à laffiche de ma chronique:
Keziah Jones

Son histoire :
Né à Lagos au Nigeria le premier octobre 1968, Olufemi Sanyaolu n'a à la base rien pour devenir la star internationale que l'on connaît : l'Afrique souffre de la famine et des guerres civiles, et la condition du peuple noir est bafouée à travers le monde. Heureusement pour lui, il naît fils d'un chef de tribu, également industriel dans le Tiers-Monde. Une carrière paternelle que Olufemi, sous le poids de la tradition, est sommé de suivre. Cest ainsi que pour parfaire son éducation, il est envoyé dans une grande école dAngleterre dès lage de huit ans. Ce premier départ sonne pour lui comme un électrochoc mais le jeune Nigérian va shabituer à la vie occidentale au fil des années.

Sa musique et son message :
Beaucoup inspiré par des artistes tel que Hendrix, Harper ou encore Lenny Kravitz, sa musique est un mélange de blues, de soul et de funk. Un mélange si particulier quil lui a donné un nom le « Blufunk », style tantôt énergique par la funk, tantôt mélodieux par le blues. Sa voix, puissante et polyvalente, lui permet de monter dans les aigues et den redescendre avec une mélodie et une justesse déconcertante.
Outre son style musical étonnant, Keziah Jones se démarque par son attachement à ses origines africaines, et sa lutte pour l'égalité culturelle des races. Porteur de la négritude en musique comme le fut Sédar Senghor en poésie, le monde découvre peu à peu un jeune musicien de grande envergure. Ses permanentes allées et venues entre l'Europe et son pays lui permettent aussi de maintenir vif le choc des cultures et l'énergie qui en découle.


Keziah sort donc son premier album Frinigro Interstellar en 1991 mais cest lannée suivante, avec Blufunk is a fack que le succès va devenir international, notamment grâce à Where Is Life ?, Free Your Soul mais surtout Rhythm Is Love, trois titres présent sur lalbum. Suit ensuite African space kraft, en 1995, qui connaît également un grand succès grâce au single If you know. Il faudra ensuite attendre quatre ans avant larrivé du nouvel opus, Liquid Sunshine.
Le dernier album en date, Black orpheus (2003), est sans doute le plus connu de tous. Considéré par les mauvaises langues comme un album devenu commercial, je le considère plutôt comme plus accessible. Mélange africano-funk-soul-rock, on retrouve bien ici lunivers sonore propre de Jones. Lénergie est toujours là avec des cuivres percutants, une voix qui senvole dans les aigues, et une guitare folk qui fait le succès du son (« kpafuca »). Mais lalbum nous propose aussi des titres plus posés, balades soul-blues qui nous embarque dans les racines de lartiste comme Orin Olomi ou encore Wet questions dans laquelle on notera un petit hommage à Gainsbourg par la célèbre réplique « je suis venu te dire que je men vais ». Bref un album qui sécoute soit sur son canapé les yeux fermés, soit en concert pour profiter de la funk énergique de Keziah. A noter quest sortit cette année Rhythm is love, best of reprenant ses plus grands tubes.
Les titres de Black orpheus : 1) Afrosurrealism
2) Kpafuca
3) Familiarise
4) Wet questions
5) Neptunes
6) 72 kilos
7) All praises
8) Beautiful emilie
9) Sadness is
10) Autumn moon
11) The black orpheus
12) Orin olomi
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Un peu plus sur lartiste :
Pourquoi tant de temps entre les derniers albums me direz vous ? En fait, Keziah est un perfectionniste qui est loin du Show bizz et qui prend le temps de travailler ses sons et son écriture. Notons quil est également un poète et un peintre admiré, prenant même le risque de se lancer dans le court-métrage cinématographique. Cet éclectisme risquait de faire tomber le chanteur dans un silence médiatique mais c'était sans compter la puissance de sa musique qui, on lespère, sera un jour récompensée à sa juste valeur


